Horizons Islamiques – Apprentissage Islam authentique

Le Jardin des Vertueux

1902 hadiths

Chapitre 1

La Sincérité De L'Intention Dans Tous Les Actes, Paroles Et États Apparents Et Cachés

Allah le Très Haut dit : Ils ont simplement reçu l’ordre d’adorer Allah en Lui vouant un culte exclusif et sincère, d’accomplir la prière et de faire la charité, professant ainsi la religion de vérité. (98, 5) Ni leur chair, ni leur sang ne parviendront à Allah. Seules Lui parviennent les œuvres que vous accomplissez dans le but de Lui plaire. (22, 37) Dis : « Que vous dissimuliez vos pensées ou que vous les exprimiez, Allah les connaît parfaitement. » (3, 29)

Le Jardin des Vertueux n°1

Le prince des croyants, Abou Hafs, ‘Oumar ibn Al-Khattâb ibn Noufayl ibn ‘Abd Al-‘Ouzzâ ibn Riyâh ibn ‘Abdillah ibn Qourt ibn Razâh ibn ‘Adiyy ibn Ka’b ibn Louayy ibn Ghâlib AlQourachi Al-‘Adawi (رضي الله عنه) rapporte avoir entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : « Les actes ne valent que par leurs intentions et chacun sera récompensé selon son intention. Quiconque aura émigré pour Allah et Son Messager obtiendra ce pour quoi il aura émigré et quiconque aura émigré dans un but purement terrestre ou pour épouser une femme obtiendra ce pour quoi il aura émigré. » [Rapporté par les deux savants de référence du hadith : Abou ‘Abdillah Mouhammad ibn Ismâ’îl ibn Ibrâhîm ibn Al-Moughîrah ibn Bardizbah Al-Jou’fi Al-Boukhâri et Abou Al-Housayn Mouslim ibn Al-Hajjâj ibn Mouslim Al-Qouchayri An-Naysâbouri - qu’Allah les agrée - dans leurs recueils authentiques qui sont les livres les plus authentiques jamais composés par les hommes]

Le Jardin des Vertueux n°4

Abou ‘Abdillah Jâbir ibn ‘Abdillah Al-Ansâri, qu’Allah les agrée lui et son père, rapporte : Nous participions aux côtés du Prophète (ﷺ) à une expédition lorsqu’il nous dit : « Il y a des hommes à Médine qui, à chaque trajet que nous avons effectué et à chaque vallée que nous avons traversée, étaient avec nous en direction de la Mecque. En effet, seule la maladie les a empêchés de nous accompagner. »

Dans une autre version : «…partagent notre récompense. » [Mouslim] Al-Boukhâri rapporte également ce hadith d’après Anas (رضي الله عنه) qui relate : Alors que nous revenions, aux côtés du Prophète (ﷺ), de l’expédition de Tabouk, il nous dit : « Nous avons laissé à Médine des hommes qui, à chaque défilé que nous avons emprunté, à chaque vallée que nous avons traversée, étaient à nos côtés. Ils avaient, en effet, des raisons valables de ne pas nous accompagner. »

Le Jardin des Vertueux n°6

Abou Is’âq Sa’d ibn Abi Waqqâs Mâlik ibn Ouhayb ibn ‘Abd Manâf ibn Zouhrah ibn Kilâb ibn Mourrah ibn Ka’b ibn Louayy Al-Qourachi Az-Zouhri (رضي الله عنه), l’un des dix compagnons promis au Paradis, relate : Le Messager d’Allah (ﷺ) se rendit à mon chevet l’année du pèlerinage d’adieu, alors que j’étais très souffrant. - Messager d’Allah ! Dis-je. Comme tu peux le constater, je suis gravement malade.

Or, je dispose de richesses et n’ai qu’une fille pour en hériter. Puis-je faire l’aumône des deux tiers de mes biens ? - Non, répondit-il. - Alors de la moitié, Messager d’Allah ? - Non, répéta-t-il. - Alors du tiers, Messager d’Allah ? - Le tiers soit, et le tiers c’est déjà beaucoup. Il vaut mieux laisser tes héritiers au-dessus du besoin plutôt que dans le besoin, contraints de tendre la main.

Et sache que tu ne feras aucune dépense pour plaire à Allah - y compris la bouchée que tu places dans la bouche de ton épouse - sans en être récompensé. - Messager d’Allah ! Dis-je, vais-je rester à la Mecque après le départ de mes compagnons ? - Si tu dois demeurer à la Mecque, tu n’accompliras aucune œuvre pour plaire à Allah sans être, pour cela, élevé en degrés. Il se peut que tu vives longtemps et que tu sois utile à certains et préjudiciable à d’autres.

Ô Allah ! Aide mes compagnons à accomplir leur émigration et empêche-les de revenir sur leurs pas. En vérité, le malheureux est Sa’d ibn Khawlah, ajouta le Messager d’Allah, s’attristant de sa mort à la Mecque. [AlBoukhâri et Mouslim]

Le Jardin des Vertueux n°10

D’après Abou Hourayrah (رضي الله عنه), le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « La prière en commun est plus de vingt fois supérieure à celle accomplie au marché ou à la maison. En effet, lorsque l’un d’entre vous effectue soigneusement ses ablutions, puis se dirige vers la mosquée avec la seule intention d’accomplir la prière, il ne fait pas un seul pas sans qu’Allah ne l’élève par cela d’un degré et ne lui efface par cela un péché, jusqu’à ce qu’il entre dans la mosquée. Une fois à l’intérieur, il est considéré comme étant en prière tant que c’est celle-ci qui le retient.

Les anges ne cessent alors de prier pour lui tant qu’il reste à sa place, disant : “Ô Allah ! Fais-lui miséricorde. Ô Allah !

Accorde-lui Ton pardon. Ô Allah ! Accepte son repentir”.

Et ce, tant qu’il ne fait de tort à personne et ne perd pas ses ablutions. » [Al-Boukhâri et Mouslim, dont c’est la version]

Le Jardin des Vertueux n°11

Selon Abou Al-‘Abbâs ‘Abdoullah ibn ‘Abbâs ibn ‘Abd Al-Mouttalib, qu’Allah l’agrée lui et son père, le Messager d’Allah (ﷺ) a dit, d’après ce qu’il rapporte de son Seigneur, béni et exalté soit-Il : « Allah le Très Haut a inscrit les bonnes et les mauvaises actions », puis il expliqua. « A celui qui a l’intention d’accomplir une bonne action, mais en est empêché, Allah, béni et exalté soit-Il, la lui inscrit auprès de Lui comme une bonne action à part entière.

S’il l’accomplit, Allah la lui inscrit auprès de Lui comme dix bonnes actions, et jusqu’à sept cents bonnes œuvres, et bien plus encore. S’il décide de commettre une mauvaise action, mais y renonce finalement, Allah le Très Haut la lui inscrit auprès de Lui comme une bonne action à part entière. Et s’il la commet, Allah la lui inscrit comme une seule mauvaise action. » [Al-Boukhâri et Mouslim]

Le Jardin des Vertueux n°12

Abou ‘Abd Ar-Rahmân ‘Abdoullah ibn ‘Oumar ibn AlKhattâb, qu’Allah les agrée lui et son père, rapporte avoir entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : « Trois hommes, parmi ceux qui vous ont précédés, prirent un jour la route. Ils trouvèrent refuge dans une caverne pour y passer la nuit lorsque soudain un rocher dévala de la montagne, condamnant l’entrée de la grotte. Ils se dirent : “Nous ne serons délivrés que si nous prions Allah en mentionnant nos bonnes actions”.

L’un d’eux dit : “Ô Allah ! Mes parents étaient très âgés et je ne faisais jamais boire ma famille ou mes esclaves avant eux. Un jour, je me suis éloigné plus qu’à l’accoutumée à la recherche de pâturage et, à mon retour, je les ai trouvés endormis.

J’ai trait mes bêtes pour eux, mais je n’ai voulu ni les réveiller, ni donner à boire le lait à ma famille ou à mes esclaves avant eux. Je suis donc resté à leurs côtés jusqu’aux premières lueurs de l’aube, le bol dans la main, attendant leur réveil, alors que mes enfants hurlaient de faim et pleuraient à mes pieds. Mes parents se réveillèrent enfin et burent leur lait.

Ô Allah ! Si j’ai agi ainsi pour te plaire, délivre-nous de ce rocher”. Le rocher s’écarta, mais pas suffisamment pour leur permettre de sortir.

Le deuxième dit : “Ô Allah ! J’avais une cousine qui j’aimais plus que tout au monde (Dans une autre version : que j’aimais de cet amour ardent que portent les hommes aux femmes). Je l’ai donc convoitée, mais elle s’est refusée à moi, jusqu’au jour où, touchée par la famine, elle vint me trouver.

Je lui proposai alors cent vingt pièces d’or à condition qu’elle s’offrît à moi. Elle y consentit. Mais, alors qu’elle était à ma merci (Dans une autre version : alors que je m’étais allongé sur elle), elle s’écria : Crains Allah, ne force l’hymen qu’à travers une union légitime.

Je la laissai donc, alors que je la désirais plus que tout au monde, lui abandonnant l’or. Ô Allah ! Si j’ai agi ainsi pour te plaire, délivre-nous de ce rocher”.

Le rocher s’écarta encore mais pas assez pour les laisser sortir. Le troisième homme dit alors : “Ô Allah ! J’avais engagé des travailleurs que j’ai rétribués à l’exception d’un homme qui s’en est allé sans demander son salaire.

Je fis fructifier son argent au point que sa valeur augmenta considérablement. Il réapparut au bout d’un certain temps et me dit : - Serviteur d’Allah ! Donne-moi mon salaire. - Tous les chameaux, les vaches, les moutons et les esclaves que tu vois, voilà ton salaire, répondis-je. - Serviteur d’Allah !

Dit-il, ne te moque pas de moi ! - Je ne me moque pas de toi, rétorquai-je. Il emporta alors tous ses biens sans rien en laisser. Ô Allah !

Si j’ai agi ainsi pour te plaire, délivre-nous de ce rocher”. Le rocher s’écarta et ils purent quitter la grotte. » [Al-Boukhâri et Mouslim]

Chapitre 2

Le Repentir

Selon les savants musulmans, il est obligatoire de se repentir de chaque péché. Si le péché se limite aux rapports entre le serviteur et Allah le Très Haut, sans que les droits d'une personne aient été lésés par le pécheur, trois conditions doivent être remplies pour que le repentir soit accepté : La première : renoncer au péché. La seconde : regretter son acte. La troisième : être déterminé à ne plus jamais s'adonner à ce péché. Si l'une de ces trois conditions manque, le repentir n'est pas valable. Et si, par ce péché, une personne a été lésée, quatre conditions doivent être réunies. En plus des trois premières, il faut réparer le tort commis. Si la personne a été lésée dans ses biens, il faut les lui restituer. Dans le cas d'un préjudice corporel ou moral, il faut accepter la compensation exigée par la victime ou réclamer son pardon. S'il s'agit de médisance, il faut lui demander pardon. Il est obligatoire de se repentir de tous les péchés. Si le pécheur se repent d'une partie seulement de ses péchés, son repentir - selon l'avis le plus juste - est valable pour ces péchés, mais il doit encore se repentir de ses autres péchés. De l'avis unanime des savants de l'islam, qui se fondent sur de nombreux textes du Coran et de la Sounnah, le pécheur doit obligatoirement se repentir. Ainsi Allah le Très Haut dit : Revenez tous repentants à Allah, ô croyants, dans l'espoir de faire votre bonheur et votre salut. (24, 31) Implorez le pardon de votre Seigneur, puis à revenez à Lui, pleins de repentir. (11, 3) Vous qui croyez ! Revenez à Allah en vous repentant sincèrement. (66, 8)

Le Jardin des Vertueux n°15

D’après Abou Hamzah Anas ibn Mâlik Al-Ansâri (رضي الله عنه), le serviteur du Prophète (ﷺ), le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Allah se réjouit plus du repentir de Son serviteur que l’un d’entre vous qui tombe à l’improviste sur son chameau qu’il avait perdu dans le désert. » [Al-Boukhâri et Mouslim] Selon une autre version de Mouslim : « Allah se réjouit plus du repentir de Son serviteur que l’un de vous qui retrouve sa monture dans le désert où elle lui avait échappé en emportant avec elle ses provisions de nourriture et d’eau. Perdant tout espoir de la retrouver, il s’allonge à l’ombre d’un arbre. Mais soudain, voilà qu’elle réapparaît devant lui.

Il la saisit alors par la bride et, au comble de la joie, s’exclame : “Ô Allah ! Tu es mon serviteur et je suis Ton Seigneur”, s’embrouillant tellement sa joie est grande. »

Le Jardin des Vertueux n°19

Zirr ibn Houbaych relate : Je me suis un jour présenté à Safwân ibn ‘Assâl (رضي الله عنه) afin de l’interroger sur le Mas’h3. - Qu’est-ce qui t’amène, Zirr ? Me demanda-t-il. - La quête du savoir, répondis-je. - Les anges abaissent leurs ailes, en signe de satisfaction, sur celui qui est en quête de savoir, me dit-il. - J’ai un doute, dis-je, sur la validité du Mas’h pour celui qui a perdu ses ablutions après être allé aux toilettes. Or, tu es l’un des compagnons du Prophète (ﷺ).

Je suis donc venu te demander si tu l’as entendu mentionner quelque chose à ce sujet ? - En effet, répondit-il. Il nous ordonnait, en voyage, de garder jusqu’à trois jours et trois nuits nos chaussettes ou nos chaussures, et de ne pas les retirer lors de nos ablutions consécutives à un besoin naturel ou au sommeil, mais uniquement en cas d’impureté majeure4. - L’as-tu entendu dire quelque chose au sujet de l’amour ? L'autorisation de passer les mains mouillées sur ses chaussettes ou ses chaussures au lieu de se laver les pieds lors des ablutions.

Consécutive notamment aux rapports conjugaux et qui oblige à accomplir les grandes ablutions. Ajoutai-je. - Oui, nous étions en voyage avec le Messager d’Allah (ﷺ) lorsqu’un Bédouin l’interpella à haute voix : « Mouhammad ! »

Le Messager d’Allah (ﷺ) répondit sur le même ton : « Approche-toi ! » Je dis au Bédouin : « Pauvre de toi !

N’élève pas la voix en présence du Prophète (ﷺ), car cela nous a été interdit. » Il répondit : « Par Allah !

Je ne baisserai pas la voix. » Puis, s’adressant au Prophète (ﷺ) : « Qu’en est-il d’un homme qui aime certaines personnes, mais sans atteindre leur niveau ? »

Le Prophète (ﷺ) répondit : « L’homme sera, le Jour de la résurrection, avec ceux qu’il aura aimés. » Puis il continua à nous parler, mentionnant notamment une porte à l’ouest dont la largeur équivaut à la distance parcourue par un cavalier en quarante - ou soixante-dix - ans. Soufyân, l’un des narrateurs, ajouta : « Cette porte est située en direction du Cham5.

Allah le Très Haut l’a créée le jour où Il a créé les cieux et la terre. Cette porte restera ouverte au repentir, sans jamais être fermée, jusqu’à ce que le soleil se lève à l’ouest. » [At-Tirmidhi qui précise : « hadith hasan sahîh »]

Le Jardin des Vertueux n°20

Selon Abou Sa’îd Sa’d ibn Mâlik ibn Sinân Al-Khoudri (رضي الله عنه), le Prophète (ﷺ) a dit : « Un homme, parmi ceux qui ont vécu avant vous, tua quatre-vingt-dix-neuf personnes. Il se mit alors à la recherche du plus grand savant de la terre et fut orienté vers un moine. Arrivé chez lui, il lui expliqua qu’il avait tué quatrevingt-dix-neuf personnes et lui demanda s’il pouvait s’en repentir. “Non”, répondit le moine.

L’homme le tua donc à son tour, portant ainsi à cent le nombre de ses victimes. Poursuivant Région englobant la Syrie, la Jordanie, le Liban et la Palestine actuels, appelée également Grande Syrie ou Syrie-Palestine. sa quête de la personne la plus savante de la terre, il fut cette fois orienté vers un érudit auquel il expliqua qu’il avait tué cent personnes en lui demandant s’il pouvait s’en repentir. “Bien sûr ! Répondit l’érudit, qui peut t’empêcher de te repentir ?

Rendstoi dans telle région dont les habitants se vouent à l’adoration d’Allah le Très Haut, et consacre-toi avec eux à Son culte. Et ne reviens surtout pas dans ta patrie, car le mal y est commis”. Il prit la route mais, arrivé à mi-chemin, il fut surpris pas la mort.

Les anges de la miséricorde et ceux du châtiment se disputèrent alors à son sujet, les premiers disant : “Il est venu repentant, tournant son cœur vers Allah le Très Haut”, les seconds répliquant : “Il n’a accompli aucune bonne action”. Un ange à l’apparence humaine se présenta alors à eux et ils en firent leur arbitre. Il dit : “Mesurez la distance qui le sépare des deux régions.

Il sera considéré comme appartenant à la région dont il était le plus proche”. Ils mesurèrent et trouvèrent qu’il était plus proche de la terre vers laquelle il se dirigeait. Les anges de la miséricorde enlevèrent donc son âme. » [Al-Boukhâri et Mouslim] Dans une autre version authentique : « Il était plus proche d’un empan de la terre du bien, et fut donc compté au nombre de ses habitants. »

Dans une autre version authentique : « Allah le Très Haut ordonna à la terre du mal de s’éloigner et à la terre du bien de se rapprocher, puis Il dit : “Mesurez la distance qui le sépare des deux territoires”. Ils le trouvèrent plus proche d’un empan de la terre du bien. Ses péchés lui furent donc pardonnés. »

Dans une autre version encore : « Il leva le torse en direction de la terre du bien. »

Le Jardin des Vertueux n°21

‘Abdoullah, celui des fils de Ka’b ibn Mâlik qui guidait son père Ka’b (رضي الله عنه) lorsque ce dernier perdit la vue, a dit : « J’ai entendu mon père Ka’b ibn Mâlik (رضي الله عنه) raconter l’histoire de sa défection au Messager d’Allah (ﷺ) au cours de l’expédition de Tabouk. Il dit : J’ai participé à toutes les expéditions du Messager d’Allah (ﷺ) à l’exception de celle de Tabouk. Je ne parle pas de la bataille de Badr, à laquelle je n’ai pas participé, car personne ne fut blâmé pour ne pas l’avoir accompagné.

En effet, le Messager d’Allah (ﷺ) et les musulmans n’étaient sortis que pour intercepter la caravane de Qouraych. Mais, par la volonté d’Allah le Très Haut, ils rencontrèrent leurs ennemis sans le vouloir. En revanche, j’ai participé avec le Messager d’Allah (ﷺ) à la rencontre de la nuit d’Al-‘Aqabah au cours de laquelle nous nous sommes engagés à accepter l’islam.

Et je n’échangerais en rien cette nuit-là contre une participation à la bataille de Badr, même si cette dernière est plus souvent mentionnée par les gens que l’allégeance d’Al-‘Aqabah. En ce qui me concerne, je n’avais jamais été aussi vigoureux et aussi aisé qu’au moment où j’ai fait défection au Messager d’Allah (ﷺ) lors de l’expédition de Tabouk. Par Allah !

Je n’avais jamais possédé deux chameaux avant cette expédition. Le Messager d’Allah (ﷺ) n’entreprenait jamais une expédition contre un peuple déterminé sans laisser croire qu’il en visait un autre, jusqu’à cette expédition. En effet, le Messager d’Allah (ﷺ) lança cette campagne par une chaleur torride.

En outre, le voyage s’annonçait long, à travers une terre aride, et l’ennemi nombreux. Il révéla donc aux musulmans leur objectif et la direction qu’il souhaitait prendre, afin qu’ils se préparent à affronter leur ennemi. Les musulmans, autour du Messager d’Allah (ﷺ), étaient nombreux sans qu’aucun registre ne consigne leurs noms.

Celui qui voulait se dérober pouvait donc aisément le faire, convaincu que son absence passerait inaperçue, à moins qu’une révélation divine ne descende à son sujet. Par ailleurs, le Messager d’Allah (ﷺ) entreprit cette expédition au moment où les fruits, devenus mûrs, et la fraicheur de l’ombre étaient désirables. Le Messager d’Allah (ﷺ), imité par les musulmans, s’équipèrent donc en vue de cette expédition.

Quant à moi, je sortais bien pour m’équiper comme eux, mais je rentrais finalement sans rien avoir fait, me disant que j’aurais bien le temps de le faire le moment voulu. Cette situation se prolongea, tandis que les musulmans s’activaient sérieusement pour le départ. Un matin, le Messager d’Allah (ﷺ) prit donc la route, accompagné des musulmans, alors que je n’avais moi-même rien préparé de mon équipement.

Le lendemain de leur départ, je sortis encore une fois pour m’équiper, mais rentrai de nouveau chez moi sans rien avoir préparé. Cette situation perdura, tandis que l’armée accélérait le pas et prenait les devants. Je décidai alors de prendre le départ pour les rejoindre - si seulement je l’avais fait - mais cela ne me fut pas destiné.

Lorsque, après le départ du Messager d’Allah (ﷺ), je sortais de chez moi, j’étais attristé de voir que seuls m’avaient imité les hommes considérés comme des hypocrites ou ceux, parmi les faibles, qu’Allah le Très Haut avait dispensés du combat. Le Messager d’Allah (ﷺ) ne fit allusion à moi qu’une fois parvenu à Tabouk où, assis au milieu des musulmans, il demanda : « Qu’a fait Ka’b ibn Mâlik ? »

Un homme de la tribu des Bani Salimah répondit : « Messager d’Allah ! Il a été retenu par ses beaux habits et par l’admiration qu’il éprouve pour sa personne. »

Mou’âdh ibn Jabal (رضي الله عنه) répliqua : « Quelles vilaines paroles viens-tu de prononcer ! Par Allah, Messager d’Allah ! Nous ne connaissons de lui que du bien. »

Le Messager d’Allah (ﷺ) garda le silence. A cet instant, il vit apparaître à l’horizon un homme vêtu de blanc dont la silhouette flottait sous l’effet d’un mirage. Le Messager d’Allah (ﷺ) dit : « Sois Abou Khaythamah. »

Et ce fut effectivement Abou Khaythamah Al-Ansâri, l’homme critiqué par les hypocrites pour avoir fait aumône de quelques kilos de dattes. Informé que le Messager d’Allah (ﷺ) était sur le chemin du retour, je fus envahi de tristesse et commençai à imaginer de fausses excuses en me demandant comment, le lendemain, j’allais pouvoir échapper à sa colère. Je cherchai conseil auprès de toute personne sensée de ma famille.

Mais, informé de l’imminence de l’arrivée du Messager d’Allah (ﷺ), j’oubliai toutes les fausses excuses, persuadé que celles-ci ne me seraient d’aucune utilité. Je pris donc la ferme résolution de lui dire toute la vérité. Le Messager d’Allah (ﷺ) fit son entrée à Médine dans la matinée.

Comme à son accoutumée lorsqu’il revenait de voyage, il commença par se rendre à la mosquée pour y accomplir deux unités de prière avant de recevoir les musulmans. Les hommes qui lui avaient fait défection - ils étaient plus de quatre-vingts - se présentèrent alors en se justifiant et en jurant de leur bonne foi. Le Prophète (ﷺ) accepta leurs justifications et leur allégeance, et implora pour eux le pardon d’Allah le Très Haut, tout en Lui laissant le soin de les juger.

Je m’avançai à mon tour, mais il ne répondit pas à mon salut, se contentant de me sourire à la manière d’une personne en colère. Puis il me dit : « Approche. »

Je m’approchai donc et m’assis en face de lui. Il me dit : « Qu’est-ce qui t’a empêché de nous accompagner ?

N’avais-tu pas acheté une monture ? » Je répondis : « Messager d’Allah !

Par Allah, si je m’étais assis devant un autre que toi, j’aurais tenté d’échapper à son courroux par quelque excuse. Je sais user d’éloquence et être convaincant, mais par Allah, je sais parfaitement que si je te mens aujourd’hui pour échapper à ton courroux, il ne se passera pas longtemps avant qu’Allah ne te mette en colère contre moi. Si, à l’inverse, je provoque ta colère en étant sincère, j’espère en être récompensé par Allah Tout-Puissant et obtenir Son pardon.

Par Allah ! Je n’avais aucune excuse. Par Allah !

Je n’ai jamais été aussi vigoureux et aussi aisé qu’au moment où je t’ai fait défection. » Le Messager d’Allah (ﷺ) dit alors : « Quant à celuilà, il a dit la vérité.

Lève-toi et attends qu’Allah décide de ton sort. » Des hommes des Bani Salimah me suivirent et me dirent : « Par Allah !

A notre connaissance, c’est la première fois que tu commets un péché. Tu as été incapable de te justifier devant le Messager d’Allah comme l’ont fait ceux qui lui ont fait défection. Pourtant l’invocation du Messager d’Allah t’aurait suffi pour le pardon de ton péché. »

Par Allah ! Ils ne cessèrent de me blâmer au point que je voulus retourner auprès du Messager d’Allah (ﷺ) pour démentir mes propos. Je leur demandai : « Quelqu’un d’autre est-il dans le même cas que moi ? »

Ils répondirent : « Oui, deux hommes ont avoué comme toi et se sont vus adresser les mêmes paroles que toi. » Je demandai : « Qui sont-ils ? »

Ils répondirent : « Mourârah ibn Ar-Rabî’ Al‘Amri et Hilâl ibn Oumayyah Al-Wâqifi. » Ils me citèrent deux hommes vertueux ayant participé à la bataille de Badr et qui étaient des modèles pour moi. En entendant leurs noms, je décidai de continuer à dire la vérité.

Le Messager d’Allah (ﷺ) défendit aux musulmans de nous adresser la parole, à nous trois seulement parmi ceux qui lui avaient fait défection. Les musulmans rompirent donc toute relation avec nous (ou : modifièrent leur attitude envers nous) au point que ma propre ville me devint étrangère et méconnaissable. Nous demeurâmes cinquante jours dans cet état.

Mes deux compagnons d’infortune restaient cloîtrés chez eux, résignés et en pleurs. Quant à moi, qui étais le plus jeune et le plus endurci des trois, j’assistais aux prières en commun et allais dans les marchés, mais sans que personne ne m’adresse la parole. Je m’approchais du Messager d’Allah (ﷺ) à l’endroit où il s’asseyait après la prière et le saluais, en me demandant s’il avait remué les lèvres pour répondre à mon salut.

Je priais parfois près de lui, jetant des regards furtifs dans sa direction. Pendant que j’effectuais ma prière, il me regardait, mais dès que je me tournais vers lui, il détournait aussitôt le regard. Cette mise en quarantaine à laquelle me soumettaient les musulmans me devint si insupportable que j’escaladai le mur du jardin de mon cousin Abou Qatâdah, le fils de mon oncle paternel et un homme que j’affectionnais tout particulièrement.

Je le saluai mais, par Allah, il ne me répondit pas. Je lui dis : « Abou Qatâdah !

Je t’adjure de me répondre pour l’amour d’Allah, ne sais-tu pas que j’aime Allah et Son Messager ? » Il demeura silencieux. Je l’adjurai de nouveau, mais il garda le silence.

Je l’adjurai encore. Il finit par répondre : « Allah et Son Messager le savent mieux que quiconque. »

Mes yeux débordèrent de larmes. Je tournai le dos, escaladai le mur et quittai les lieux. Alors que je marchais dans le marché de Médine, j’entendis les cris d’un paysan venu du Cham pour vendre des denrées à Médine.

Celui-ci demandait aux gens de lui indiquer où se trouvait Ka’b ibn Mâlik. Guidé par eux, il finit par me trouver et me remit un message du roi de Ghassân. Sachant lire et écrire, je lus le message qui disait : « Nous avons été informé que ton compagnon te traite avec la plus grande dureté.

Pourquoi accepter d’être ainsi humilié et opprimé ? Rejoins-nous donc, nous saurons te réconforter. »

En lisant la lettre, je me dis : « Ceci fait partie de l’épreuve. » Je me dirigeai donc vers un four où je jetai la lettre. Quarante jours, sur les cinquante, étaient passés et la Révélation tardait à descendre.

Un envoyé du Messager d’Allah (ﷺ) vint alors me trouver et me dit : « Le Messager d’Allah t’ordonne de t’éloigner de ton épouse. » Je lui demandai : « Que dois-je faire, la répudier ? »

« Non, éloigne-toi seulement d’elle, ne l’approche plus », répondit-il. Le même ordre fut signifié à mes deux compagnons. Je dis alors à ma femme : « Va rejoindre ta famille jusqu’à ce qu’Allah ait décidé de mon sort. »

La femme de Hilâl ibn Oumayyah se rendit auprès du Messager d’Allah (ﷺ) et lui dit : « Messager d’Allah ! Hilâl ibn Oumayyah est un vieillard sans force qui n’a personne à son service, vois-tu un inconvénient à ce que je continue à le servir ? »

« Non, mais qu’il ne s’approche pas de toi », répondit-il. Elle dit : « Par Allah !

Il n’a plus de désir pour quoi que ce soit. Il ne cesse de pleurer depuis le début de cette affaire. »

Des membres de ma famille me dirent : « Et si tu demandais au Messager d’Allah l’autorisation de reprendre ta femme, car il a autorisé la femme de Hilâl ibn Oumayyah à le servir. » Je répondis : « Je n’en ferai rien.

Que dirait le Messager d’Allah si je le faisais, moi qui suis un jeune homme ? » Je demeurai ainsi dix jours, ce qui porta à cinquante jours la période durant laquelle il fut interdit aux musulmans de nous adresser la parole. Au matin du cinquantième jour, je fis la prière de l’aube sur la terrasse de l’une de nos maisons.

Soudain, alors que j’étais assis, le cœur oppressé par l’angoisse, comme Allah l’a décrit dans le Coran, la terre, pourtant si vaste, me paraissant étroite, j’entendis la voix d’un homme qui, ayant escaladé le mont Sal’, s’écria de toutes ses forces : « Réjouis-toi, Ka’b ibn Mâlik ! » Je me laissai tomber à terre et me prosternai, persuadé que l’heure de la délivrance était enfin arrivée. Après la prière de l’aube, le Messager d’Allah (ﷺ) avait annoncé qu’Allah avait accepté notre repentir.

Les musulmans s’étaient alors précipités vers moi et mes deux compagnons pour nous annoncer l’heureuse nouvelle. Un cavalier se dirigea vers moi au galop, tandis qu’au même moment un homme de la tribu Aslam accourut et escalada la montagne pour crier la bonne nouvelle. La voix fut donc plus rapide que le cheval.

Quand arriva l’homme dont j’avais entendu la voix m’annoncer l’heureuse nouvelle, j’enlevai mes deux vêtements que je lui offris en guise de remerciement. Par Allah ! Je ne possédais à cette époque que ces deux habits.

J’empruntai donc deux autres vêtements que j’enfilai et partis en direction du Messager d’Allah (ﷺ). Par groupes, les musulmans qui me croisaient me félicitaient, me disant : « Félicitations, Allah a accepté ton repentir. »

A mon arrivée à la mosquée, je trouvai le Messager d’Allah (ﷺ) assis, entouré de ses compagnons. Talhah ibn ‘Oubaydillah se leva et se précipita vers moi, me serrant la main et me congratulant. Par Allah !

Nul, en dehors de lui, ne se leva parmi les émigrés. Ka’b n’oubliera d’ailleurs jamais ce geste de Talhah. Il poursuivit son récit : Je saluai le Messager d’Allah (ﷺ) qui, le visage resplendissant de joie, me dit : « Réjouis-toi du plus beau jour de ta vie. »

Je demandai : « Messager d’Allah, cela vient-il de toi ou d’Allah ? » Il répondit : « Cela vient d’Allah Tout-Puissant. »

Nous savions que lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) ressentait de la joie, son visage brillait comme la lune. Après m’être assis devant lui, je dis : « Messager d’Allah !

Signe de mon repentir, je me sépare de tous mes biens que j’offre à Allah et Son Messager. » Le Messager d’Allah (ﷺ) dit : « Il est préférable pour toi de garder une partie de tes biens. »

Je dis : « Alors je conserverai ma part du butin de Khaybar », avant d’ajouter : « Messager d’Allah ! Allah le Très Haut ne m’a sauvé que pour avoir été sincère. Aussi longtemps que je vivrai, je ne dirai donc que la vérité, ceci fait aussi partie de mon repentir. »

Par Allah ! Depuis que j’ai pris cet engagement devant le Messager d’Allah (ﷺ), je ne connais pas de musulman plus comblé que moi par Allah le Très Haut pour sa sincérité6. Par Allah !

Depuis lors, et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais menti intentionnellement, et j’espère qu’Allah le Très Haut m’en préservera pour le restant de mes jours. Allah le Très Haut révéla alors ces versets : « Allah a accordé Son pardon au Prophète, aux émigrés et aux Ansars qui l’ont suivi aux heures les plus pénibles, lorsque les cœurs d’une partie d’entre eux furent sur le point de fléchir.

Il a alors raffermi leurs cœurs. Il est, envers eux, infiniment Bon et Très Miséricordieux. Il a également accueilli le repentir des trois hommes dont le cas fut laissé en suspens au point que la terre, pourtant si vaste, leur parut bien étroite et que, les cœurs oppressés par l’angoisse, ils comprirent qu’ils ne pouvaient échapper aux rigueurs d’Allah qu’en revenant à Lui.

Allah, le Très Miséricordieux, Celui qui accepte toujours le repentir de Ses serviteurs, a donc raffermi leurs cœurs afin qu’ils reviennent à Lui. Vous qui croyez ! Craignez Allah et comportez-vous en hommes véridiques et Ou : plus éprouvé que moi par Allah le Très Haut dans sa sincérité. sincères ! » (9, 117-119) Par Allah !

Excepté de m’avoir guidé à l’islam, Allah ne m’a pas accordé de grâce plus grande à mes yeux que cette sincérité dont j’ai fait preuve envers le Messager d’Allah (ﷺ), car si j’avais menti, j’aurais été perdu comme ceux qui ont menti. En effet, Allah le Très Haut, dans la Révélation, a décrit de la pire manière ceux qui ont menti, disant : « Lorsque vous serez de retour auprès d’eux, ils jureront par Allah de leur bonne foi afin d’éviter vos reproches.

Détournez-vous donc de ces êtres immondes qui, pour prix de leurs agissements, sont voués à la Géhenne. Ils vous font des serments afin de gagner vos bonnes grâces. Mais s’ils trouvent grâce à vos yeux, les hommes qui, comme eux, Lui refusent obéissance ne sauraient être en grâce auprès d’Allah. » (9, 95,96).

Notre cas, à nous trois, fut laissé en suspens, contrairement à celui de ces hommes dont les excuses et l’allégeance furent acceptées par le Messager d’Allah (ﷺ) lorsqu’ils jurèrent de leur bonne foi. Le Messager d’Allah (ﷺ) implora le pardon d’Allah en leur faveur, mais il laissa notre cas en suspens jusqu’à ce qu’Allah le Très Haut révèle Son jugement. C’est pour cette raison qu’Allah le Très Haut dit : « Il a également accueilli le repentir des trois hommes dont le cas fut laissé en suspens (khoullifou) » (9, 118).

Cela ne signifie pas que nous avons fait défection (takhalloufounâ) au Messager d’Allah au cours de l’expédition de Tabouk, mais que le Prophète (ﷺ) laissa notre cas en suspens par rapport à celui des hommes qui, devant lui, avaient juré de leur bonne foi et dont il avait accepté les justifications. [Al-Boukhâri et Mouslim] Selon une autre version : « Le Prophète (ﷺ) lança l’expédition de Tabouk un jeudi, jour de la semaine où il aimait partir en voyage. » D’après une autre version encore : « Le Messager d’Allah (ﷺ) ne rentrait de voyage que de jour, dans la matinée.

Lorsqu’il arrivait, il commençait par accomplir deux unités de prière à la mosquée où il restait assis. »

Le Jardin des Vertueux n°22

D’après Abou Noujayd ‘Imrân ibn Al-Housayn AlKhouzâ’i, qu’Allah les agrée, une femme de la tribu Jouhaynah se présenta au Messager d’Allah (ﷺ), alors qu’elle était tombée enceinte suite à un adultère. Elle lui dit : « Messager d’Allah !

J’ai transgressé, applique-moi la peine légale. » Le Prophète (ﷺ) fit venir son tuteur et lui dit : « Traite-la convenablement, puis reviens avec elle après son accouchement. »

A leur retour, le Prophète (ﷺ) ordonna que ses vêtements soient serrés contre elle, puis qu’elle soit lapidée. Il dirigea ensuite la prière mortuaire sur elle. ‘Oumar s’étonna : « Tu pries sur elle, Messager d’Allah, alors qu’elle a commis l’adultère ? »

Il répondit : « Si son repentir était partagé entre soixante-dix Médinois, il leur suffirait. Vois-tu chose plus sublime que son sacrifice pour Allah Tout-Puissant ? » [Mouslim]

Chapitre 3

La Patience Et La Constance

Allah le Très Haut dit : Vous qui croyez ! Armez-vous de patience et rivalisez avec l’ennemi d’endurance. (3, 200) Nous allons vous éprouver quelque peu par la peur, la faim, l’appauvrissement, des pertes en vies humaines et une diminution des récoltes. Fais donc heureuse annonce à ceux qui font preuve de constance. (2, 155) En vérité, ceux qui font preuve de constance seront rétribués sans mesure. (39, 10) Mais supporter patiemment le mal des autres et passer sur leur faute est sans aucun doute la meilleure attitude à adopter. (42, 43) Armez-vous de patience et aidez-vous de la prière. Allah est avec ceux qui font preuve de constance. (2, 153) Nous allons certainement vous éprouver afin de distinguer ceux d’entre vous qui luttent patiemment pour la cause d’Allah. (47, 31) Les versets qui incitent à la patience et montrent ses mérites sont nombreux et connus de tous.

Le Jardin des Vertueux n°26

D’après Abou Sa’îd Sa’d ibn Mâlik ibn Sinân Al-Khoudri (رضي الله عنه), des hommes parmi les Ansars10 réclamèrent des biens au Messager d’Allah (ﷺ) qui accéda à leur demande, puis ils sollicitèrent de nouveau le Prophète (ﷺ) qui répondit favorablement à leur requête jusqu’à épuisement de tout ce qu’il possédait. Se retrouvant sans rien, il dit : « Tant que je disposerai de biens, je ne vous en priverai pas.

Mais que celui qui recherche l’abstinence sache qu’Allah le fera vivre dans l’abstinence, que celui qui s’abstient de tendre la main sache qu’Allah le mettra au-dessus du besoin et que celui qui s’arme de patience sache qu’Allah l’aidera à patienter. Or, nul n’a reçu de don meilleur et plus grand que la patience. » [Al-Boukhâri et Mouslim]

Le Jardin des Vertueux n°29

Abou Zayd, Ousâmah, le fils de Zayd ibn Hârithah l’esclave affranchi du Messager d’Allah (ﷺ), bien-aimé du Prophète (ﷺ) et fils de son bien-aimé - relate ce qui suit : L’une des filles du Prophète (ﷺ) lui fit parvenir ce message : « Mon fils est à l’agonie, viens nous rejoindre. » Le prophète (ﷺ) lui fit alors transmettre son salut et ce message : « C’est à Allah qu’appartient cette vie qu’Il a accordée et qu’Il a reprise, chaque vie a un terme déterminé.

Sois patiente dans l’espoir d’en être récompensée. » Elle lui envoya un autre message, l’adjurant de venir. Il se leva alors, accompagné notamment de Sa’d ibn ‘Oubâdah, Mou’âdh ibn Jabal, Oubayy ibn Ka’b et Zayd ibn Thâbit, qu’Allah les agrée.

On lui tendit alors l’enfant, agonisant, qu’il prit sur ses genoux tandis que ses yeux débordaient de larmes. « Messager d’Allah (ﷺ) !

Que vois-je là ? » S’étonna Sa’d. « Ceci est la miséricorde qu’Allah le Très Haut a placée dans le cœur de Ses serviteurs », répondit-il.

Selon une autre version : «…dans le cœur de ceux qu’Il choisit parmi Ses serviteurs. Et Allah n’est miséricordieux qu’avec ceux de Ses serviteurs qui le sont eux-mêmes. » [Al-Boukhâri et Mouslim]

Le Jardin des Vertueux n°30

Souhayb (رضي الله عنه) rapporte ce récit du Messager d’Allah (ﷺ) : Parmi ceux qui vont ont précédé vécut un roi au service duquel se trouvait un sorcier. Lorsque le sorcier vieillit, il dit au roi : « Je suis devenu vieux, envoie-moi un garçon à qui je puisse enseigner la sorcellerie. »

Le roi lui envoya donc un garçon qu’il initia à la sorcellerie. Or, sur le chemin le conduisant chez le sorcier se trouvait un moine. Le garçon s’arrêta auprès de ce dernier et écouta ses paroles qui lui plurent.

Chaque fois qu’il se rendait chez le sorcier, il s’arrêtait chez le moine. Mais lorsqu’il arrivait chez le sorcier, ce dernier le frappait pour son retard. Il s’en plaignit au moine qui lui recommanda : « Si tu redoutes d’être frappé par le sorcier, explique-lui que ta famille t’a retenu et si tu crains d’être réprimandé par ta famille, dis que c’est le sorcier qui t’a retenu. »

Un jour, il vit sur son chemin une énorme bête qui empêchait les gens de passer. Il se dit : « Je saurai aujourd’hui qui du moine ou du sorcier est le plus digne de ma compagnie. »

Il se saisit d’une pierre et dit : « Ô Allah ! Si tu préfères l’enseignement du moine à celui du sorcier, alors fais mourir cette bête afin que les gens aient la voie libre. »

Il lança la pierre sur la bête qui mourut sur le coup et les gens purent à nouveau circuler librement. Il alla ensuite en informer le moine qui lui dit : « Mon fils !

Aujourd’hui, l’élève a dépassé le maître. Tu m’es, de toute évidence, devenu supérieur. Tu vas donc être mis à l’épreuve.

Garde-toi d’indiquer aux gens où je me trouve. » Le jeune homme guérissait l’aveugle de naissance, le lépreux et tous les types de maladies. Un homme de l’entourage du roi, devenu aveugle, entendit parler de lui et alla le trouver avec une multitude de présents en lui disant : « Si tu parviens à me guérir, tout ceci t’appartient. »

« Je ne guéris personne. C’est Allah le Très Haut qui guérit. Si donc tu crois en Allah le Très Haut, je L’invoquerai et Il te guérira », répondit l’adolescent.

L’aveugle crut en Allah le Très Haut et fut guéri. « Qui t’a rendu la vue ? »

Demanda le roi, lorsque, comme à son habitude, l’homme prit place auprès de lui. « C’est mon Seigneur », répondit-il.

« As-tu un autre Seigneur que moi ? » Demanda le roi. « Mon Seigneur, tout comme le tien, est Allah », répondit l’homme.

Le roi ne cessa de le torturer jusqu’à ce qu’il lui désigne l’adolescent. Ce dernier fut présenté au roi qui l’interrogea : « Mon enfant !

Ta sorcellerie a atteint un tel niveau que tu es capable de guérir les aveugles de naissance et les lépreux, et d’accomplir d’autres prodiges encore. » « Je ne guéris personne, répondit l’adolescent, c’est Allah le Très Haut qui guérit. »

Le roi le fit à son tour torturer jusqu’à ce qu’il lui désigne le moine. Celui-ci fut présenté au roi qui lui dit : « Abandonne ta religion. »

Devant son refus, le roi scia le corps du moine en deux, en partant du milieu du crâne. On fit également venir le courtisan du roi qui refusa lui aussi d’apostasier et dont le corps fut, de la même manière, scié en deux. Puis vint le tour de l’adolescent qui refusa lui aussi de renier sa foi.

Le roi le livra alors à ses hommes en leur ordonnant de le conduire au sommet d’une montagne qu’il nomma. Il dit : « Une fois parvenus au sommet, s’il refuse de renoncer à sa foi, précipitez-le dans le vide. »

Lorsque le groupe fut au sommet de la montagne, le jeune homme dit : « Ô Allah ! Délivre-moi d’eux de la manière que tu veux. »

La montagne fut alors secouée, précipitant tous les hommes dans le vide. Lorsque l’adolescent fut de retour chez le roi, celui-ci l’interrogea : « Qu’est-il advenu de mes hommes ? »

« Allah le Très Haut m’en a délivré », répondit-il. Le roi le livra alors à un autre groupe avec ordre d’embarquer sur un bateau. Il ordonna : « Une fois au large, s’il refuse d’abandonner sa foi, jetez-le pardessus bord. »

Ils conduisirent donc le jeune homme qui, en pleine mer, s’exclama : « Ô Allah ! Délivre-moi d’eux de la manière que tu veux. »

L’embarcation fut renversée et tous les hommes furent noyés sauf le garçon qui retourna auprès du roi. « Qu’est-il advenu de mes hommes ? »

Demanda ce dernier. « Allah le Très Haut m’en a délivré », répondit l’adolescent avant d’ajouter : « Tu ne pourras me tuer qui si tu suis mes instructions ».

« Que dois-je faire ? » Demanda le roi. « Rassemble ton peuple sur une seule et même place, puis ordonne que je sois crucifié au tronc d’un palmier.

Prends ensuite une flèche de mon carquois que tu placeras au centre de l’arc et prononce ces mots : Au nom d’Allah, Seigneur de ce jeune homme, puis tire sur moi. Si tu agis ainsi, tu me tueras. »

Le roi suivit les instructions du jeune homme, puis plaça la flèche au centre de l’arc et, au moment de la décocher, s’exclama : « Au nom d’Allah, Seigneur de ce jeune homme. » La flèche alla se planter dans la tempe de l’adolescent qui porta sa main à l’endroit de l’impact avant de rendre l’âme. Les gens dirent : « Nous croyons au Seigneur de ce garçon. »

On fit remarquer au roi : « Par Allah ! Ce que tu redoutais est aujourd’hui arrivé. Tous tes sujets ont embrassé la foi. »

Le roi ordonna alors que des fossés soient creusés au bord des routes et que des brasiers y soient allumés, avant de déclarer : « Quiconque refuse de renier sa religion sera précipité dans le brasier ou forcé de s’y jeter. » Vint alors le tour d’une femme portant un enfant en bas âge. Voyant sa mère hésiter avant de sauter dans le brasier, le nourrisson lui dit : « Mère !

Sois forte, car tu suis le droit chemin. » [Mouslim]

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